La vie privée des groupes : nouveau cadre théorique pour une protection contre le profilage algorithmique

Note. [pp: 36-47]

Résumé

On observe un fossé de plus en plus grand entre d’une part, les modèles d’affaires qui misent sur l’exploitation des mégadonnées afin de catégoriser les individus en fonction de leur correspondance à différents profils algorithmiques, et de l’autre, un paradigme juridique axé sur l’individu. La vie privée des groupes est un nouveau cadre théorique multidisciplinaire qui s’inscrit en réponse à ce décalage. Le « groupe algorithmique » constitue un nouveau phénomène épistémologique généré par les nombreuses opérations de classification et d’agrégation à l’œuvre au sein des mégadonnées. Ces regroupements s’effectuent principalement à partir de données anonymisées ou dépersonnalisées de sorte que les individus sont rarement conscients de leur appartenance à un groupe algorithmique. Considérant les préjudices que le traitement algorithmique des données peut causer aux membres du groupe, mais également pour le groupe en tant que groupe, il importe d’élargir la portée du droit à la vie privée et de reconnaître l’intérêt collectif d’être protégé contre le profilage algorithmique. Les travaux d’auteurs qui abordent le droit à la vie privée dans une perspective antidiscriminatoire, ainsi qu’une interprétation novatrice de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme, constituent un bon point de départ pour articuler une théorie permettant de reconnaitre un droit collectif à la vie privée des groupes.

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